L'histoire de l'informatique a marqué la ville publié le 15/09/2010
Quand j’ai débuté dans cette société, j’avais à peine 17 ans et je n’en ai que de bons souvenirs. Elle m’a permis d’aller aux sports d’hiver pour la première fois, d’apprendre mon métier.
- Comment êtes-vous entrée à la SEA ?
i[J’avais trouvé cet emploi en levant la tête, à l’époque nous trouvions du travail en cherchant les pancartes « On recherche… » Pour les embauches, à l’époque, les entreprises affichaient leurs demandes d’embauche. Moi, je travaillais chez Continental Edison (à la chaîne) et, en rentrant chez moi et en levant la tête, j’ai vu qu’ils [la SEA] embauchaient.]i
- Comment ça s’est passé ?
Je suis entrée et j’ai demandé à faire un essai ; cela consistait à faire, sur un circuit imprimé avec un flan, quelques soudures et placements de composants. Et, vu que le salaire était intéressant et que l’on pouvait approfondir nos connaissances dans ce métier, j’ai accepté d’être embauchée. Les qualifications étaient en fonction de l’essai réalisé.
- Vous disiez que la SEA vous a formée à votre métier ?
Oui, la SEA nous formait à notre métier. Je me souviens de mon chef, M. Jules Boulot, qui m’a prise en charge dans son bureau pour gérer le planning, ce qui m’a servi dans ma carrière professionnelle. Nous étions beaucoup de femmes et surtout une certaine liberté dans le travail, pas de « stress ».
J’ai été impressionnée quand nous avons commencé à « câbler » un « Jumbo Jet » pour les Etats-Unis. Tout ce que j’ai appris m’a bien servi.
J’ai fini ma carrière professionnelle en tant que responsable de production, toujours dans le câblage, cette société a été une formidable formation.
- Vous évoquiez les sports d’hiver, pourriez-vous me raconter cela ? C’était sans doute organisé par le Comité d’entreprise ?
i[Les sports d’hiver étaient sûrement payés par le CE, car nous n’avons rien eu à payer, cela durant une semaine, par roulement, les filles puis les garçons – évidemment les filles ensemble, les garçons l’année suivante. Je me souviens que cette semaine était en fonction de notre travail et tenue, il y avait des apprentis et leurs mauvaises notes les [priva ?] de sports d’hiver. J’ai donc été pour la première fois aux sports d’hiver, en l’occurrence à Val-d’Isère, le club où nous allions était géré par l’UCPA.]i
- Quel outillage utilisiez-vous ? Il vous semblait moderne ?
i[Nous utilisions pas mal d’outillage : fer à souder, pinces à câbler, etc. J’ai vu pour la première fois les bains de soudure, les énormes cordons de raccordement et les immenses planches à peigne pour le simulateur de vol ; le wrapping m’avait impressionnée ; et cela m’a beaucoup servi, car dans ma carrière professionnelle j’ai eu la chance de faire en wrapping les synoptiques des centrales nucléaires de Chooz et [Civaux ?]. Quand je vois une imprimante, je pense toujours à celle que l’on câblait, plus énorme qu’une machine à laver !
M. Boulot, quand j’étais dans son bureau, m’a montré pour la première fois un circuit intégré qui n’avait rien à voir avec ceux de maintenant. ]i
- Y avait-il une forme de « démarche qualité », ou des boîtes à idées pour les améliorations ?
Je sais qu’il y avait un service qualité, mais j’ignorais son fonctionnement.
L’outillage était assez moderne pour l’époque, car dans ma carrière il n’y a pas eu beaucoup d’évolution, les oscilloscopes sont restés les mêmes, ainsi que les bancs d’essais.
- Comment étaient les relations sociales, y a-t-il eu des grèves ?
Les anciens nous conseillaient. Je n’ai jamais eu vent de « grève ». Il y avait au moins un délégué, car je me souviens d’un garçon qui était délégué et qui faisait de l’avion.
- Qu’est-ce qui vous fait quitter la SEA ?
Mais j’ai quitté la société car j’ai été obligée de partir chez mon père qui habitait Vitry et, après un certain temps, c’était trop dur en transport. Mais je n’en ai que de bons souvenirs !
A l’occasion des journées du patrimoine, l’Exposition : Histoire de l’informatique ouvre ses portes à Courbevoie le lundi 13 Septembre. L’exposition commémore le 60e anniversaire des premiers calculateurs électroniques français. Elle évoque l’histoire de l’informatique et de la SEA, premier constructeur français d’ordinateurs.
Elle est organisée par Pierre Mounier-Kuhn (Historien, CNRS et Université Paris-Sorbonne), et Philippe Nieuwbourg (Directeur du musée de l’Informatique)
http://www.france-info.com/chroniques-info-sciences-2010-09-09-la-naissance-de-l-informatique-en-france-483931-81-165.html
20100909_FranceInfo_SEA.mp3
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(photo Eclair Continental, Montrouge ; archives personnelles FHR, famille Raymond)
En 1951, le Fizeaugraphe à peine terminé, le Laboratoire central de l’Armement (fort de Montrouge, Arcueil) commande à la SEA un gros ordinateur à programme enregistré, CUBA (Calculatrice universelle binaire de l’Armement).
On dispose de quelques notes techniques SEA sur CUBA, mais on cherche encore des photos de ce dinosaure du calcul.
La SEA (Société d'Electronique et d'Automatisme) est le premier constructeur français d'ordinateurs. Une "start-up" installée à Courbevoie en 1948.
Pour célébrer cet anniversaire, la Mairie de Courbevoie, Pierre-Eric Mounier-Kuhn (CNRS et Centre de recherches en Histoire de l'Innovation Université Paris-Sorbonne) et le Musée de l’Informatique, s’associent pour raconter l’histoire de la SEA.
Ce projet, soutenu par Jacques Kossowski, Maire de Courbevoie et député des Hauts-de-Seine, a abouti à la présentation d’une exposition rétrospective, à la Mairie de Courbevoie, du 13 septembre au 1er octobre 2010 à l’occasion des Journées du Patrimoine.
Nous vous proposons de le faire au travers d'une page de mots croisés que vous pouvez télécharger ci-dessous.
Enseignants et professeurs, si vous prévoyez de visiter l'exposition avec vos élèves, vous pouvez également utiliser cette page pour marier le jeu et la validation des connaissances. L'ensemble des réponses figure dans les panneaux de l'exposition ou dans le dépliant qui vous sera remis à l'entrée.
Pour obtenir la fiche des réponses à ce jeu de mots croisés, envoyez votre demande par email à contact@museeinformatique.fr
Bonne visite et bon jeu !
Mots_croisés_SEA.pdf
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Ce marché que peut passer le LRBA à la SEA se monte à 65 millions de francs de l'époque, soit l'équivalent de près de 80 millions d'euros en 2010 : "Cette fourniture correspond à un ensemble, le 'mouvement autour du centre de gravité d'un engin guidé', partie importante de la machine 'balistique', et qui formera un tout, immédiatement exploitable au profit du PARCA".
Vous pouvez télécharger le facsimilé de ce document en pièce jointe.
1951 Commande du LRBA à la SEA.pdf
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Aliette LE ROY se souvient de ce "monstre" électronique qu'elle a connu comme jeune technicienne au LRBA, à Vernon, et en fait la description suivante :
On peut relier entre elles deux armoires pour augmenter la capacité mémoire. La machine du LRBA possède l'équipement maximum permis techniquement. Elle est destinée à traiter tous les essais effectués en soufflerie, ce qui permet aux clients, qui viennent souvent de loin, de rester moins longtemps immobilisés à Vernon en attendant le dépouillement de leurs essais. En effet, la grande soufflerie souffle la nuit car la consommation d'énergie est trop importante pour pouvoir souffler quand les autres usines de Vernon travaillent. La machine à calculer permet de traiter, dans le courant de la journée, tout le travail fait dans la nuit, afin d'être prêt à souffler à nouveau la nuit suivante. Lorsque les calculs étaient faits à la main, des délais aussi courts ne pouvaient être tenus. Il n'existe dans une telle machine aucun organe de stockage, ni pour les programmes, ni pour les données. Il y a une unité de calcul, mais rien concernant les entrées et sorties de données. Pour lire des données et imprimer des résultats, on doit passer par une tabulatrice qui permet de lire les cartes perforées et d'imprimer, par l'intermédiaire de grands tableaux câblés. Il faut un tableau par programme et un des travaux des opérateurs est le câblage de ces tableaux. Le LRBA possède une trentaine de tableaux qui sont alignés tout autour de la salle. En service, le tableau, fixé sur la tabulatrice, est relié à l'armoire de l'unité centrale par deux gros boas de câbles. Des tableaux plus petits, peuvent être accrochés sur l'armoire de l'unité centrale. Chaque ligne de plots correspond à une ligne de programme. Un tableau comporte 64 lignes de plots ; il est donc possible de câbler ainsi des petits programmes ne dépassant pas 64 lignes et de les boucler.
Les programmes et les données sont rentrés au moyen de cartes perforées. Le premier paquet de cartes permet de démarrer le programme, puis suit une série de paquets tous identiques, chaque paquet représentant un pas du programme ; le dernier paquet permet de stopper le travail. En général, un programme remplit un tiroir de meuble à cartes ce qui laisse à l'opérateur de service sur le lecteur, le temps de respirer. Pour la lecture et l'impression des données, il faut prévoir dans les programmes des temps d'attente. En effet, les temps d'exécution des entrées-sorties sont toujours beaucoup plus longs que les temps de calcul (à une toute autre échelle, il en est toujours de même maintenant). On doit donc suspendre les calculs jusqu'à ce que l'entrée-sortie soit exécutée. On utilise des instructions "WAIT" assorties d'un temps d'attente mais attention aux erreurs d'appréciation du temps. On s'est vite aperçu qu'un tel matériel, aussi rudimentaire qu'il puisse nous paraître, n'était pas utilisé à temps plein par les seuls travaux de la Soufflerie. Dès 1954, les autres services techniques du LRBA furent donc invités à profiter de la "merveille". Un planning fût établi et c'est ainsi que le service «Propulsion» eut droit à une demi-journée le jeudi matin.
Pour donner un exemple, une simulation de trajectoire avec influence du vent qui demandait, faite à la main avec table de logarithme et règle à calcul, une semaine de travail, est exécutée en vingt minutes sur la machine ! Le progrès est considérable et ouvre des possibilités énormes dans la mise en œuvre des études ».
Témoignage extrait du livre "Le LRBA d'hier à aujourd'hui ou 60 ans de modernité;, reproduit avec l'aimable autorisation de Aliette LE ROY et de Christian VANPOUILLE.
L'exposition est annoncée sur le site du ministère de la culture consacré aux journées du patrimoine
http://www.journeesdupatrimoine.culture.fr/recherche/resultat?b1fd653fffffd36042938297168d0cb2
Sur ce site, vous pouvez constituer votre programme de visites et organiser en ligne votre agenda pour planifier vos découvertes.
L'ensemble électronique 4000 est photographié dans le catalogue, mais la CAB 1500 n'était pas encore prête au moment de l'impression du catalogue.
Pour en savoir plus sur le SICOB, consultez le site du projet de recherche du musée de l'informatique : http://www.sicob.tv
SEA_SICOB_1965.pdf
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A noter également la mise en avant des services accompagnant la mise en place du calculateur dans l'entreprise : "Le Service de Programmation appliquée assurant la formation et le conseil permanent à l'analyse de la programmation... Le Centre de Traitement d'Informations et de Calcul pour la mise au point des programmes avant l'implantation de l'ensemble permettant aussi d'absorber les travaux de pointe de l'entreprise".
Pour en savoir plus sur le SICOB, consultez le site du projet de recherche du musée de l'informatique : http://www.sicob.tv
SEA_SICOB_1964.pdf
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Pour en savoir plus sur le SICOB, consultez le site du projet de recherche du musée de l'informatique : http://www.sicob.tv
SEA_SICOB_1963.pdf
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Pour la SEA, on retrouve dans ce guide quatre machines commercialisées en 1970 :
- La CAB 500 que vous pouviez acheter pour 297500 francs (295000 euros environ en 2010) ou louer pour 9730 francs par mois (soit 9660 euros / mois en 2010)
- L'Ensemble Electronique 3900 proposé à partir de 1,5 millions de francs (soit environ 1,49 millions d'euros en 2010)
- L'Ensemble Electronique 4000 proposé à partir de 1,4 millions de francs (soit environ 1,39 millions d'euros en 2010)
- le CINA destiné au monde industriel, moins coûteux, annoncé au prix de 150000 francs (soit 149000 euros en 2010)
Vous pouvez télécharger ci-dessous les fiches complètes numérisées de ces quatre machines.
Pour en savoir plus sur le guide du CIMAB et les autres machines qui y sont présentées :
http://blog.museeinformatique.fr/Grande-saga-de-l-ete-84-ordinateurs-des-annees-60_a206.html
SEA3900_GuideCIMAB.pdf
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SEA4000_GuideCIMAB.pdf
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CAB500_GuideCIMAB.pdf
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CINA_GuideCIMAB.pdf
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Extraits à retrouver dans le document en pièce jointe.
Il s'agit d'une des dernières participations de la SEA au SICOB, si ce n'est la dernière. Le plan calcul lancé fin 1966 par le Président de Gaulle conduire à la fusion de la SEA et de la CAE pour créer la CII.
Pour en savoir plus sur le SICOB, consultez le site du projet de recherche du musée de l'informatique : http://www.sicob.tv
SEA_SICOB_1966.pdf
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Il s'agit d'une premières participations de la SEA au SICOB. On trouve également trace de la SEA dans le catalogue du SICOB 1960.
Pour en savoir plus sur le SICOB, consultez le site du projet de recherche du musée de l'informatique : http://www.sicob.tv
SEA_SICOB_1961.pdf
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Nous avons tout d'abord défini les principaux thèmes que nous devions couvrir : naissance de la SEA, la CAB 500, la CAB 1500, les innovations technologiques, l'équipe d'ingénieurs, le plan calcul...
Il a fallu ensuite recherche les bonnes illustrations, et les scanner en haute définition. En effet, partant de petites photos noir et blanc de 10 cm bien souvent, il a fallu travailler avec un scanner photo de haute précision pour descendre au plus proche du grain de la photo et permettre son agrandissement maximum tout en conservant la netteté.
Puis les textes de légende des photos, réduits au minimum car nous avons pris le parti de concevoir une exposition très illustrée. Le document d'accompagnement, rédigé par Pierre Mounier-Kuhn, qui sera remis aux visiteurs, servira de guide complémentaire aux photos exposées.
Objectif fixé dans le planning : envoi des panneaux en fabrication le 30 août, pour installation de l'exposition à partir du 6 septembre.
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